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 Les Caprices du Coeur || Eve ~

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MessageSujet: Les Caprices du Coeur || Eve ~   Mer 15 Aoû - 0:40

Sourire, sourire, encore sourire. Dire bonjour, incliner la tête poliment, ne pas comprendre un traitre mot de ce qu'on lui raconte, sourire encore, et contraindre ce petit garçon qu'il était de ne pas fuir et retourner dans sa bonne Europe nordique. Il commençait à devenir dingue. Dingue de ne rien comprendre, dingue de devoir affronter ça, dingue de solitude aussi. Il n'avait pas vu Kerran et Aidan de la journée. Un mauvais point pour son humeur. Non pas qu'il était dépendant ou tout simplement accro, il était juste perdu. Arrivé après les autres, il s'imposait autant qu'eux si ce n'est plus. Peut-être son air perdu, peut-être sa tête adorable quand il ne comprenait pas ce qu'on voulait lui dire, peut-être aussi que son côté froid et plus terre à terre permettait une approche plus facile. Kaine. Un nom. Le sien. Son nom coure déjà sur la plupart des lèvres. Jude qui arrive en décembre comme si de rien n'était. Nouvel élève et alors ? Il a tous les droits parce qu'il est une star d'après les gens. Il aurait juste voulu qu'on l'oublie un instant au lieu de le dévisager et de murmurer sur son passage. Kaine, violoniste de "The Forbbiden Games" et tout ce qui s'en suit. Ca vous dérange ? Est-ce ça vous dérange qu'il réussisse ? Lui ça le dérange, non pas la réussite cela fait du bien d'être apprécié pour ce que vous faites, ce qui dérange parfois, souvent chez les lui c'est la réputation qui suit et le comportement des gens face à lui. Kaine, perfection à ses heures perdues. Ca c'est ... Différent. Il les écoute avec un sourire qui parait hautain et légèrement orgueilleux alors que dans le fond, il tremble comme une feuille. Jouer le rôle de quelqu'un de sûr de lui n'a rien de simple Soyons honnête.

Mais Kaine est un prince, alors il subit, il écoute encore, et finit par s'éloigner après avoir murmuré deux trois mots en anglais sous les soupirs de certaines filles. Drôle de comportement. Jude ne les comprenait pas. Flatté mais interrogateur. Il semblait que l'ambiance sombre de Poudlard et de l'Angleterre avait disparu aux contacts de nos musiciens. Il ne savait pas si il devait bien le prendre ou pas. Il ne savait pas s’il devait en être flatté ou s'inquiéter de leur santé mentale. Il faut dire que dans sa tête même si un groupe mondialement célèbre débarqué dans on école alors qu'on parle du retour d'un mage noir mondialement connu pour sa dangerosité et sa folie, le groupe serait le cadet de ses soucis. Il n'avait peut-être pas le même sens des priorités. Il ne savait d'ailleurs pas trop quoi penser de Poudlard. Il ne savait même pas s’il s'y ferait un jour avec cette barrière de langue. Le plus risible avait quand même été quand on lui avait proposé de rejoindre le club de musique. Oh certes parler avec des gens intéressés pourquoi pas, mais il ne doutait pas que si Kerran, Aidan ou lui s'inscrivait dans ce genre de club, on verrait alors une affluence de fan non conseillée, et il n'était pas assez méchant ou stupide pour imposer ça aux autres. De plus il n'était pas sûr qu'il supporterait de passer autant de temps avec des gens surtout si il ne les comprenait pas. Bien sûr la musique était universelle mais il y avait des limites.

D'ailleurs en parlant de musique, il n'arrivait pas à dormir. Il n'arrivait pas à dormir et ce manque affreux de sommeil était couplé avec une pernicieuse envie de jouer du violon. Violon qu'il n'avait pas sorti de son étui depuis son départ. Violon qui l'attendait sagement pour encore hurler, pleurer, gémir entre ses doigts, pour faire ressentir les plus beaux des sentiments comme les plus laids qu'ils connaissaient sous une flopée de notes s'enchainant dans un ordre précis et créant ces mélodies personnelles ou non, ces mélodies qui emplissaient l'âme des gens, et ces mélodies qui hurlaient à Jude dans sa rêverie étrange qu'il devait jouer. Et Jude qui ne dormait pas. Il ne pouvait pas. Tout comme à Minuit passé, il ne pouvait pas s'asseoir sur son lit et se mettre à jouer. Soupirant, il rejeta les couvertures, avant d'attraper un jean cigarette et de le passer puis de se saisir d'une chemise, avant de se lever contourner le lit pour se placer devant le coffre. Avec précaution il déplaça ses affaires pour sortir un des étuis de violons qu'il avait en sa possession. En soi le jeune homme en avait trois des violons, un que ses parents lui avait fait faire à Salzbourg par un luthier réputé lors que tout allait encore bien, un stradivarius qui avait trouvé grâce à ses yeux et bien entamé son compte en banque tant il s'efforçait de ne pas toucher à celui de ses parents, et un violon électrique, ou enchanté pour les scènes et les concerts.

Son choix s'était porté sur le violon qui avait été crée de toute part pour lui et rien que pour lui. Ce violon qui avait accompagné sa toute première performance à Vienne alors qu'il n'avait que six ans. Ce violon beaucoup trop grand pour lui qui avait vu naître une des Nocturnes de Chopin adaptée pour l'instrument à corde. Ce même violon qui avait vu la plupart de ses récitals, que se soit l'hiver de Vivaldi, les Sonates pour violon de Paganini ou les romances de Beethoven. Ce violon qui était son ami, dessiné avec soin, modélisé selon une image bien précise que le luthier s'était fait de lui. Et durant son errance dans les couloirs, l'étui contre lui, le sol froid envoyant des frissons dans tout son être quand ses pieds nus s'y posaient, il y repensait à tous ces morceaux qui étaient nés une seconde fois entre ses doigts, ou encore sur le stradivarius qui reposait tranquillement dans ses affaires. Cette œuvre d'art au bois plus clair que son ami et au son beaucoup plus ancien, plus traditionnel aussi auquel il tenait tout autant. Il n'aurait jamais osé inventer des morceaux de violons sur son stradivarius, tandis que sur l'autre, il se lâchait sans aucun problème. C'était simplement la finitude de son être. C'était juste une part de lui.

Trouvant une salle vide dans les environs du sixième étage, il poussa la porte, remarquant avec surprise qu'il n'y avait pas de table, juste un ancien bureau, de même qu'un canapé défoncé et poussiéreux. Peut-être d'anciens appartements de professeur pensa-t-il tandis que d'un sort il dépoussiérait l'endroit. Posant l'étui sur le bureau, il l'ouvrit avec précaution avant de caresser le bois noir aux reflets légèrement rouges de l'instrument. Toujours aussi parfait. Toujours aussi envoutant aussi. La musique était sans doute la plus belle échappatoire que Jude connaisse. Et là maintenant il avait besoin de jouer. Il avait besoin d'entendre des notes, de ne plus penser au noir de son nouveau dortoir, à ce sentiment d'égarement qu'il ressentait. Il avait besoin de laisser cet enfant au fond de lui, courir sur les notes et s'échapper loin, de fuir cette drôle de vie qu'on lui avait imposé. Alors il ne serait pas question d'une Pavane, ou d'une Sonate, non il lui fallait quelque chose de plus fort, de plus rythmé, quelque chose qui représenterait ses sentiments face à tout ce qu'il vivait. Alors avec délicatesse il posa son violon dans le creux de son épaule, avant de le caler avec la base de sa tête. Archer en main, Jude inspira légèrement avant de commencer sa libération.

Premier mouvement. Liberté, rapidité, envolée majestueuse, l'enfant partait. Le vingt-quatrième Caprice de Paganini, un morceau des plus difficiles même pour les plus grands lui inspirait la fuite de l'enfant. Une légère pause, la nostalgie, le violon qui pleure, puis cette course qui reprend, l'archer et ses doigts courant sur les cordes. Un air plus dramatique aussi, la course ne se finira sans doute pas si bien que ça. Il le sait de toute façon. L'enfant fuit à en perdre haleine, il fuit encore et encore avant de s'arrêter, et sans doute de pleurer un peu. On ne sait ce qu'il pleure, mais le violon pleure avec lui accompagnant ses larmes, tandis que les yeux de Jude restent fermés et secs, son cœur battant à l'unisson avec le tempo de ce Caprice. A nouveau cette fuite. Mais que fuit-il ? Ses notes qui représente cet empressement, avant que l'archer ne laisse pas à ses doigts qui pincent les cordes pour montrer cette douleur, cet empressement vain. Puis un nouveau mouvement, les sons aigus résonnent en douceur comme si on voulait bercer l'enfant, comme si on voulait le rassurer encore un instant. Mais ça ne suffit pas, et à nouveau le cœur s'emballe les notes aussi. Elles s'emballent dans un majestueux crescendo pour ce final, elles s'emballent, courent accompagnent cet enfant qui coure plus vite encore si c'est possible, mais la fin est proche, et il sait. La fin est là, les dernières notes résonnent comme si l'endroit était devenu une cathédrale, et Jude abaisse son archer tandis que ses yeux s'ouvrent. Le bleu électrique de son regard est embué par les larmes. La fuite est vaine comme le Caprice. Aucune erreur, et des sentiments à vous déchirer le cœur. Parce que ce Caprice racontait la vie de ce gamin. Un Gamin comme Jude tout simplement.

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Eve Shakespeare
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MessageSujet: Re: Les Caprices du Coeur || Eve ~   Ven 17 Aoû - 18:01

Pour qu'Eve enfreigne un règlement, il faut une bonne raison. La danse l'avait toujours motivé aux choses les plus folles. Alors comme presque tous les soirs, il était sorti discrètement de la salle commune des poufsouffles. Il n'était pas forcément trop rassuré. Il craignait toujours que Rusard ne l'attrape, ou de tomber sur un élève qu'il n'appréciait pas. En fait, il avait du mal à savoir ce qui lui faisait le plus peur. C'était sans doute pour cela qu'il marchait rapidement, longeant les murs avec méfiance. En 7 ans, il ne s'était jamais fait pincé, mais prudence était mère de sûreté. Chacun avait ses secrets, il ne souhaitait pas spécialement que quelqu'un sache qu'il arrivait à avoir le port d'une danseuse étoile... Il avait déjà assez de mal à faire respecter sa virilité. Non, ses sorties nocturnes étaient secrètes, un point, c'est tout. Il était toujours allé dans des salles de cours désaffectées pour s'entraîner, et il n'y avait jamais croisé personne.

Il poussa une porte délicatement. Son petit nid n'avait pas bougé. Bon, ce n'était pas le rêve, mais au moins, il n'y avait plus de clous dépassant du plancher, et il pouvait faire ses mouvements avec aisance. Il déposa son sac sur le plancher. Et se changea. Étrangement, en enfilant son justaucorps, il se sentait quelqu'un d'autre. Quelqu'un d'assuré, quelqu'un de fier, quelqu'un qui ne soit pas vulnérable. Il plaça ses écouteurs sur ses oreilles, et plaça un disque dans son lecteur CD. Le meilleur de la technologie moldue, ses parents s'était saigné pour le lui offrir à son anniversaire. Il en prenait soin comme de la prunelle de ses yeux.

Ensuite... La danse commença. Ses mouvements furent d'abord lents, tout en souplesse. Puis son corps prit toute son ampleur. Il ressentait le rythme du plus profond de son être, jusqu'au moindre de ses muscles. Son corps fin n'était plus une entrave, il était libéré, affranchi. Il était méconnaissable, dans ses mouvements fluides, dans ses sauts précis. Si quelqu'un était entré en cet instant, sans doute aurait-il pensé qu'il s'agissait d'Adam, le type assuré, et non le timide et effacé Eve.

Au bout d'une heure d'enchaînements complexe, il s'arrêta pour boire un peu, manger quelques morceau de sucre pour ne pas risquer de tomber dans les pommes. Il posa son lecteur CD à côté de lui. Et... Des sons inattendus. Qui pouvait bien jouer du violon à cette heure-ci ? Et aussi divinement ? La curiosité d'Eve fut piquée. Il ne prit même pas la peine de se rhabiller, sortant de la salle en ballerine. Okay, s'il se faisait surprendre par quelqu'un, il pouvait dire adieu au peu de crédibilité masculine qu'il avait... Mais bon dieu, qui pouvait aussi bien maîtriser un morceau aussi difficile ? Même lui avait rencontré durant de longs mois des difficultés... Qui pouvait être à ce niveau de perfection ?

Ses pas le conduisent devant une porte. Ancienne. De toute façon, à cet étage, personne ne venait jamais. Toutes les salles étaient désaffectées. Et pourtant, derrière cette porte, quelqu'un jouer prodigieusement bien le vingt-quatrième caprice de Paganini. C'était improbable. Impensable. Les mains d'Eve se posèrent sur la porte. Elle n'était pas tout à fait fermée, sans doute la vieille poignet avait-elle refusé de se fermer correctement. Entrouverte, elle permit au blond d'observer la source de cette musique déchirante. Il avait beau connaître chaque note du morceau, là, elles semblaient toutes différentes. Il y avait un peu de l'âme du musicien dans chacune d'elle. C'était beau à en pleurer. Les larmes ne tardèrent pas à glisser sur les joues d'Eve. Il ne pouvait s'en empêcher. C'était magnifique.

Il avait bien reconnu le musicien. Il avait cru s'être trompé. Mais non, il était physionomiste, il ne pouvait se tromper. Il regretta d'un coup toutes les critiques cinglantes qu'il avait pu faire sur la façon qu'avait ce garçon de traiter son violon en s'abaissant à jouer avec ce crétin de Kellerman. Ce violoniste méritait tout son respect. Et sans doute était-il meilleur que lui. Bien meilleur. Il buvait chaque note, chaque silence. Sa tête s'approchant un peu plus de la porte à chaque mouvement, ses mains s'appuyaient chaque seconde un peu plus sur le bois.

La musique s'arrêta. Eve voulut se reculer, mais le sort en voulut autrement. Ses ballerines glissèrent, la porte s'ouvrit. Il trébucha, manquant de s'étaler aux pieds du musicien. Il reprit son équilibre dans la seconde, mais il savait d'ores et déjà que c'était trop tard. D'une part, parce qu'il venait d'entrer bruyamment dans la pièce, d'autre part, parce qu'il servait sur un plateau au garçon des arguments pour le ridiculiser en public : les larmes sur ses joues, et sa tenue. Il ne manquait plus que lui mettre un tutu, et c'aurait été le pompon !

Pourquoi était-il venu voir qui jouait déjà ? Ah oui, pour la beauté de l'art, par curiosité. Et là, il se retrouvait comme un imbécile devant Jude Narcieq.


« Désolé... Je voulais pas déranger... J'écoutais et.... J'ai glissé... Je faisais que passer... »bafouilla-t-il maladroitement.

Adieu cygne gracieux, bonjour au canard maladroit. Il se recula, cachant ses bras nus de ses mains. Il était plus que mal à l'aise. Il ne voulait pas qu'on le voie ainsi. Son dos heurta le mur avec une certaine violence. Il se sentit pris au piège. Ses ongles s'enfonçaient dans la peau de son épaule. Il ne voulait pas qu'on le regarde. Pas comme ça.

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"N'y pense même pas..."

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MessageSujet: Re: Les Caprices du Coeur || Eve ~   Sam 18 Aoû - 12:44

Courez oh somptueuses notes, courrez ! Envolez-vous, glissez loin, encore plus loin, résonnez dans la langueur sombre de la pièce, et fuyez comme l'enfant de son cœur. Et les notes s'envolaient dans des embardées majestueuses, elles s'envolaient, se répercutant contre les murs, sortant de la pièce, elles s'envolaient criant au monde entier qu'on ne pouvait pas être heureux, que la souffrance vous attendrait toujours et que le malheur ne voudrait jamais vous laisser partir de son étreinte douloureuse. Et son Caprice à Jude était douloureux. Teinté d'un espoir vain, et de sa douleur de sa tristesse. Il aurait fait un mauvais violoniste s’il n'avait pas la technique derrière. On avait cessé de lui répéter que les sentiments ne devaient pas entraver la musique, que sa perfection se trouvait dans son absence de sentiments. Il n'était pas d'accord. Il ne serait jamais d'accord. La musique devait vivre, se transcender, elle devait absolument clamer ce que l'on avait sur le cœur. Et si ce qui avait maîtrisé un peu de ce savoir, un peu de cette magie ne pouvait transmettre leur sentiment qui pourrait le faire ? Alors il avait toujours été considéré comme un mauvais violoniste par ses professeurs, et il leur avait toujours ri au nez, parce que tant qu'il pouvait exprimer ses sentiments, il n'en n'avait que faire des récitals et des récompenses. Pourtant il les avait eus. A croire que les sentiments de sa musique en avait conquis plus d'un.

Son archer glissant sur les cordes pour les notes finales, Jude rouvrit les yeux se permettant enfin de pleurer. Etant resté de marbre ou presque pendant tout le morceau, il avait laissé son cœur et son violon pleurer à sa place, mais une fois que l'instrument s'était tu, il n'y avait plus que lui pour pleurer. Alors tandis que son bras qui tenait l'archer se reposa le long du corps, il laissa ses larmes couler, il les laissa libres et indépendantes, il les laissa exprimer cette tristesse et cette douleur qu'il avait cessé depuis longtemps d'exprimer. Respirant doucement, il s'apprêtait sans doute à commencer un autre morceau de musique quand un bruit derrière lui, le fit sursauter. Heureusement qu'il ne jouait à ce moment là, sinon le violon aurait gémi d'indignation avec un crissement assourdissant. Se retournant alerte non sans avoir essuyé ses larmes, il fut surpris de croiser un des deux jumeaux blonds au nom de famille si significatif. Shakespeare, une des merveilles de la littérature Anglaise. Mais ce qui le surprit encore plus, soyons honnête fut que le garçon se trouvait en ballerines, justaucorps, drôle de tenue pour la nuit. Mais Jude n'était pas stupide, il se doutait bien que le jeune homme en face de lui avait du sortir ne trouvant pas le sommeil ou par habitude pour danser comme lui il était venu chercher ici le repos de son âme avec la musique.

Voyant le garçon en train de tomber, et dans un état précaire, sans doute les ballerines, Jude tendit la main et que ne fut sa surprise quand il le vit reculer tout en bafouillant des excuses. « Désolé... Je voulais pas déranger... J'écoutais et.... J'ai glissé... Je faisais que passer... » Retirant sa main, il eut comme un éclair de déception dans ses yeux. Après tout il aurait du s'y attendre. Eve faisait parti des détraqueurs de son groupe de musique, il aurait même pu aller en disant qu'il était un de ses détraqueurs personnels, condamnant sa présence dans le groupe, condamnant les mélodies au violon qu'il avait crée de toute part. Pas assez bien, ne respecte pas les lois du classique. Mais dans le groupe il jouait un autre genre. Il avait appris à séparer le Jude qui se tenait bien droit dans les récitals, ses cheveux bien coiffés, son regard fixe légèrement absent attendant que son accompagnateur au piano lance les premières notes, et Kaine sur scène, souriant comme on sourit à la vie, son violon grondant de plaisir de folie, celui-ci s'accordant sans mal à la musique rock de "The Forbbiden Games". Il avait fait la différence et si les autres refusaient de le voir tant pis. Il était fatigué de prendre des coups sur son talent, sur le fait qu'il ridiculisait le violon. Oui il adorait le classique, mais jamais il n'arrêterait son groupe de musique. Alors s’il n'était qu'un violoniste médiocre aux morceaux pour jeunes filles en manque, tant pis. Les gens ne voyaient pas la beauté du violon, tant pis. Il ne voulait pas encore se défendre quand on jugeait ses paroles indignes d'un intérêt quelconque.

Se détournant du jeune homme, il alla ranger son archer de même que son précieux ami dans son étui. Caressant un instant le velours de l'intérieur, il referma l'étui avant de jeter un regard à Eve. Pour un de ses détraqueurs, il ne paraissait pas tellement loquace. Il ne paraissait pas tellement bien non plus. Soupirant, il sortit sa baguette avant de réfléchir un instant. Quel était ce sort que Kerran lui avait appris déjà ? Ah oui. Observant les alentours, il trouva un rideau qui était roulé en boule dans le coin de la pièce. Trois sorts plus tard, celui-ci était propre, dans ses mains, et avait l'apparence d'une cape. On était en hiver tout de même. Si lui il était habitué au froid nordique au point de marcher pieds nus dans le château sans que le froid du dallage en pierre ne l'atteigne. Il n'était pas sûr qu’Eve avec ses vêtements de danse puisse prétendre supporter le froid, surtout s’il venait de finir ses exercices. D'un mouvement calme, il attrapa le jeune homme blond, le décalant légèrement du mur, avant de lui passer la cape autour des épaules, et de fermer celle-ci avec l'attache en argent. Mais il n'y avait pas que le froid qui semblait mettre dans cet état Eve, non, la honte peut-être. Forcément ce n'était pas tous les jours qu'on voyait un jeune homme se balader en justaucorps, mais il n'était pas moqueur. Il aurait pu l'être seulement si Eve avait affirmé sa position et s'il n'avait pas été gêné, ce qui n'était pas le cas.

    « Shakespeare ... » commença-t-il avant de s'arrêter, légèrement désappointé. Foutue barrière de langue. Ressortant à nouveau sa baguette, il la plaça vers sa propre gorge avant de lancer le sort de traduction. Ça irait pour ce soir là. « Tout va bien ... Pas besoin de martyriser tes épaules. » Il ne savait pas si ça avait bien sonné en Anglais, mais bon, autant ne pas faire de chichi.

Jude eut comme un sourire léger. Non pas qu'il se mettait d'un coup à apprécier l'une de ces personnes qui s'amusaient à le descendre, mais il n'était pas si cruel que ça. Il savait que le rejet pouvait faire mal, il savait aussi que la honte était encore plus blessante si les moqueries étaient liées. Et puis au niveau honte, lui il avait eu ces moments aussi. Pauvre gamin qu’on descendait en première année. Pauvre gamin qui n’avait que son violon comme ami. Regardez-le le pauvre orphelin, qu’il a l’air bête avec son visage féminin. Peut-être pour ça que ses parents ne l’aimaient pas. Mais Jude avait riposté avec ses points, avec sa colère et ses larmes. Ce n’était pas la meilleure des réactions. Puis il les avait ignorés, et ça s’était tassé. Sauf peut-être la rumeur qu’il avait tué ses parents, celle-là, elle ne disparaitrait sans doute jamais. Jude assassin, Jude et son sourire de gamin perdu et du sang sur les mains. Il ne s’en rappelait pas. Il ne savait même pas comment ses parents étaient morts. Peut-être qu’il les avait tué. Il ne savait pas. Il avait oublié. Tant mieux dans un sens.

    « Tu m'expliques ton problème ? » continua-t-il alors, se moquant bien si le sort de traduction avait bien traduit sa phrase ou sortit quelque chose de rocambolesque.

Attrapant à nouveau le jeune homme, mais cette fois-ci par l'un des poignets, il l'entraina jusqu'au canapé défoncé avant de l'installer dedans, et de l'observer, s'appuyant contre le bureau où son violon sommeillait patient. Si Eve voulait parler, c’était le meilleur moment pour le faire. Jude avait rangé son ironie au placard, et laissé son côté calme et posé s’exprimer. C’était le Jude que les autres appréciaient pour son oreille attentive et pour le fait qu’il ne s’imposerait pas.
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Eve Shakespeare
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MessageSujet: Re: Les Caprices du Coeur || Eve ~   Dim 19 Aoû - 1:20

Vraiment, Eve se demandait pourquoi il ne partait pas en courant. C'est vrai, il connaissait bien le château, l'autre ne le rattraperait sans doute pas. Mais il était tétanisé. Effrayé. C'était stupide, mais, il n'arrivait pas à se contrôler. Il n'arrivait pas à réfléchir. Il ne voyait que la peur et la soumission comme solution à cette situation. Autre chose était impossible. D'ailleurs, s'il rangeait son violon, c'était pour avoir les mains, libre, pour pouvoir le frapper, ou pire. Rien d'autre n'était envisageable.

Un éclair de terreur pure passa dans les yeux bleus du garçon lorsqu'il se saisit de sa baguette. Instinctivement, il ferma les yeux. Il préferait ne pas voir ce qui lui arrivait. Qui plus est, il ne pouvait pas se défendre face à de la magie puisque sa baguette était resté avec ses affaires. Il était fait comme un rat. Jude n'avait qu'à choisir à quelle sauce il voulait manger celui qui n'avait fait que critiquer comme un ignorant son talent et ses capacité. Celui qui s'était trompé. Pour une fois, il mériterait ses coups. Il ne chercherait pas même à les éviter.

Ses yeux se rouvrirent timidement en entendant des sorts, mais qui n'étaient pas dirigés vers lui. Il était surpris. Qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Il aurait pu reconnaître quelques sorts utilisés s'il n'avait pas eu l'esprit complètement désorienté. Il n'arrivait qu'à reculer un peu plus. Si il avait pu fusionner avec le mur, aucun doute qu'il aurait réussi. Mais il n'était pas passe-muraille, et son dos butait inlassablement contre la pierre froide et rêche. Aussi quand le garçon lui fit face avec une cape, il ne comprenait vraiment pas. Mais alors pas le moins du monde. Il aurait pensé que ce garçon ressemblait à Kellerman, niveau négociation et dialogue. Ce n'était pas le cas.

Il ne put néanmoins s'empêcher de courber les épaules pour protéger son visage quand le musicien il le força à s'avancer. Encore une fois, les coups ne tombèrent pas. Juste une cape sur ses épaules. Il regarda le garçon avec un étonnement non dissimulé. A vrai dire, dans cet état, il était incapable de porter son masque habituel de froideur. Non, il se révélait tel qu'il était réellement : fragile et émotif. Mais l’étoffe sur ses épaules le rassura. Le rendit un peu plus serein, un tout petit peu plus serein. Assez pour qu'il se demande à nouveau pourquoi il ne partait pas en courant. Sans doute parce qu'il ne comprenait pas ce garçon et que cela l'intriguait. Pourquoi était-il si gentil ? Eve haussa un sourcil en entendant son nom de famille. Rares étaient ceux qui l'appelait lui ainsi, en général, c'était son frère. Lui, il n'avait droit qu'à l'autre ou à son prénom dans le meilleur des cas. Shakespeare... Il n'avait pas l'habitude, vraiment. Ce n'était pas désagréable au final. Surtout quand c'était pour entendre que tout allait bien.

Eve se détendit légèrement. Il eut néanmoins une grimace en l'entendant parler de son épaule. Instinctivement, il retira sa main de celle-ci. Et son regard se posa sur le bout de ses doigts. Ils étaient rougis. Il s'était fait saigner ? Ce n'était pas si étonnant. Cela lui était déjà arrivé. Il rangea sa main sous la cape.


« Eve... Tu peux m'appeler Eve plutôt... »répondit-il maladroitement, éludant la question de son épaule.

La suite, il ne comprit pas bien. Peut-être à cause du sortilège de traduction. Son problème ? Mais il n'y avait pas de problème. Enfin, ce qu'il savait, c'est qu'il n'en voulait vraiment pas ! Pourquoi lui attrapait-il le bras ? Non... Ne pas le toucher. Eve fut néanmoins trop surpris pour réagir. Il se laissa tomber dans le canapé. Il se sentait comme un gamin fautif. Comme quand il couvrait les bêtises de son frère. Il s'attendait à un sermon. Mais, ce n'était pas ce que Jude comptait faire. Il le savait bien. Il releva les yeux vers lui.


« Mon problème ? Mais il y a rien, vraiment.... C'est juste que j'étais à côté, et je t'ai entendu joué... C'était vraiment beau... J'ai voulu savoir qui jouait... Et c'était toi... C'est tout. »répondit-il un peu sur la défensive.

Il se recroquevilla sur le fauteuil, s'enroulant dans la cape. Maintenant, personne n'aurait pu être capable de discerner ses membres. Tout était dissimulé. C'était mieux ainsi. Bien mieux. Ses yeux se baissèrent vers le sol.


« Tu devrais jouer ainsi avec Kellerman... Cela serait bien plus agréable pour les oreilles. Et puis, tu ne gâcherais plus ton talent. Enfin, je crois... »murmura-t-il d'une voix un peu effacée.

C'était sa façon à lui de faire des compliments...

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