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 Hallow the Damon. Open hell's gates. {Kerran ♥

Aidan Ells
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MessageSujet: Hallow the Damon. Open hell's gates. {Kerran ♥   Dim 14 Oct - 12:46

    « One look and I am sold,
    You got me on my knees.
    »

      « J’arrête. Tout. »

    Glissé derrière cette silhouette que je connaissais par cœur, une nuit aura suffit pour que je n'oublie rien, mes doigts se posèrent contre cette épaule. J’avais pourtant détourné les talons dans un moment de lucidité, mais j’avais quand même fini planté derrière toi. J’ai prié pour que tu ne retourne pas, que tu n’entendes pas, que je n’ai pas à m’expliquer dans le blanc des yeux sur le pourquoi du comment. Je savais pertinemment que je n’en serais pas capable, de te donner toutes les raisons qui me poussaient à mettre fin à tout ça. Tout. Tout ça c’est quoi ? C’est le groupe. C’est moi. C’est toi, c’est nous. Nous, c’est qui ? C’est deux potes, deux amis, deux meilleurs amis, deux frères. Deux amants ? Non, ça j’avais bien compris que ça n’était pas possible. Alors j’arrête. Ce n’est pas ce que je souhaite, mais c’est surement ce que m’a filé – ou que j’ai demandé - Dean juste avant qui me fait perdre la tête. Je l’ai peut-être déjà perdu, qui sait. Je redoutais ta réaction, au point d’en avoir la mâchoire crispée, tremblante. Peur que tu comprennes ce que je venais de marmonner, parce que tu me connais.

    Et puis j’ai froid.

    Et j’voudrais crever. Là, maintenant, juste disparaître. Je renonçais en quelques mots à ce que j’ai de plus cher, à tout ce que nous avions construit. A ce qu’il me restait. Par facilité. Par simplicité. J’ai fermé les yeux. J’ai respiré plus fort, je me suis entendu souffler profondément. Cette foutue respiration sifflante et dissonante dans le calme de cette nuit. Dans cette cours où ils nous arrivaient de nous croiser. J’ai senti les battements de mon cœur prendre la cadence d’un métronome déglingué. Je déglingue. Je deviens cinglé de me sentir si bête, de ne plus arriver à te parler comme avant. Avant cette nuit. Je cède à ce que j’ai toujours fuit. Je te perds, toujours un peu plus. Et je te hais de tout mon corps. Je serais pourtant capable de tellement plus, juste pour toi, de faire n’importe quoi. Mais là, si tu savais comme cette situation me rend dingue. De devoir te voir, de te sentir jamais très loin mais avec d’autres. Et puis il y a ce fossé qui se creuse à trop vouloir faire comme ci de rien n‘était. Une distance que je n’arrive plus à parcourir pour en voir le bout. Je ne peux tout simplement plus faire semblant au risque d’étouffer, de perdre pieds. J’en voudrais tellement plus, Kerran. Sans savoir si tu comprendrais justement toutes ces raisons. Tu me prendrais pour un fou, tu me fuirais sans aucun doute aussi. Pourtant ça crève les yeux, mais pas les tiens.

    Et puis je t’aime.

    Mais je te connais. Ou pas. Depuis que nous avons mis les pieds ici je ne sais plus. En tout cas, t’aime les femmes, ça c’est certain, mais tu me diras qu’ il n’y a pas de te connaître pour le savoir. On le sait, on le voit. Dans les magazines, dans les regards que tu poses sur toutes ces femelles surexcitées qui ne sentent plus pisser quand elles te voient. Au fond, je me sens stupide d’avoir pu espérer. Ridicule d’avoir déteint mes cheveux, surement pour toi en plus quand j’y pense. Moi qui déteste le blond. Si tu savais tout ça, tu rirais surement. Tu rirais parce que c’est d’un pathétisme à t’en faire vomir. Comme un idiot, il fallait que ça soit toi. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir voulu t’oublier. Dès que j’ai voulu ne plus penser à tout ça, à nous, je me sentais mourir. Je n’ai jamais été aussi négatif, depuis longtemps. C’est même la première fois que je vois si noir, que j’ai plus tout cet espoir que tout redevienne comme autrefois. Quand je n’avais pas peur de me jeter sur toi, sans redouter que tu m’envoie balader comme ce soir là.

    Et puis j’ai froid.

    Je ne vois plus par quel moyen justement tout pourrait redevenir comme avant. Je n’ai plus la force de te regarder sans t’imaginer avec moi ou avec une autre. Je me haïs d’être si jaloux… de groupies ? Je ne devrais pas. Si ça se trouve je suis une de ces fameuses groupies. De celles que tu déteste. Celles qui hurlent en agitant les bras, comme quand tu me filmais après un concert. Même ces moments là on ne les a plus. Qu’est-ce qu’il nous reste… dis-moi Damon ce qu’il nous reste si je n’arrive plus à être toujours aussi souriant, si je n’arrive pas à oublier. Je pourrais oublier si je savais me servir de ma foutue baguette, je me lancerais un sort d’amnésie pour redevenir l’amoureux transi. Quand je pouvais encore me contenter de ta simple présence, de tes sourires, de tes sarcasmes, de cette distance qui nous rendait pourtant si proche. Juste pour ça je vais commencer à bosser sérieusement mes cours. De cette façon je pourrais soulager ce poids qui me pèse, parce qu’il a fallut que je te fasse comprendre que je te voulais toi. Tout entier.

    Et puis je te déteste.

    Je secouai brièvement la tête, pour chasser toutes ces idées noires que je n’avais pas pour habitude d’accueillir avec presque du ravissement, et je posai mes yeux sur toi. La tête légèrement relevée je laissai un maigre sourire se dessiner en guise de salutation. Depuis quand ne nous étions pas vu ? Quelques heures sans doute, mais j’ai perdu la notion du temps depuis que nous sommes séparés. Risible. C’est devenu de l’obsession. Je suis fou ? Non, tu m’as rendu fou. A passer certaines de tes nuits avec moi, à perdre ton temps à m’écouter dire des conneries des nuits entières. En fait, voilà pourquoi j’aime la nuit. C’est depuis que je te connais. J’aime la nuit, car là au moins tu m’appartiens juste quelques heures. C’est malsain, non ? Bien sûr. C’est d’un glauque surtout de jouer le meilleur ami alors qu’au fond on espère sans cesse beaucoup plus que des conversations. Une véritable mascarade. Je dois être pervers quelque part, tout au fond, pour avoir d’étranges pensées quand je touche. Alors j’ai niché mes mains dans mes poches, en détournant un instant le regard vers le dernier étudiant qui regagnait sans doute sa chambre. Mes poings se sont lentement serrés dans mon blouson, laissant mon talon tapé sourdement le parterre. J’ai dû rester silencieux quelques secondes avant d’entrouvrir les lèvres pour souffler.

    Parce que j’étouffe.

      « Sinon ça va, toi ? »

    « Kneel and pray for closure baby,
    This is the ride that we’re on.
    »

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Kerran Kellermaan
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MessageSujet: Re: Hallow the Damon. Open hell's gates. {Kerran ♥   Dim 14 Oct - 13:58

Il faisait nuit. Il faisait froid. Enfin, je crois. Je ne sentais que ce liquide chaud et enivrant qui dégoulinait le long de ma gorge, contre mes lèvres et ma mâchoire. Je ne sentais que cet élixir de vie enivrant contre ma langue, contre mon corps tout entier. Non, moi, j’avais chaud. C’est dans l’inhumain, dans le crime, que je me sentais le plus humain, le plus vivant. Et je sentais mon être se réchauffer, je me sentais plus léger. Plus rapide aussi. Et je laissais tomber à mes pieds ce corps sonné, ce corps à moitié vidé, cet animal qui demain serait en vie, mais faible. Je l’observais de mes yeux carmin, sans rien dire, avant de disparaître. Ailleurs. Et vite. Une autre proie. Oui, une autre, plus grosse, plus carnivore, juste pour mon propre plaisir. Et ainsi s’enchaîna ma vie, cette soirée de solitude et de faim.
Ce fut nu, que je me glissais dans l’eau glacée de cet immense Lac pour faire disparaitre les traces de péchés sur ma peau diaphane. Ce fut grâce à la Magie que je faisais disparaître mes vices de mes vêtements. Et puis je repartais, lentement, en directement du château, de Poudlard, de cette école de sorcellerie, qui avait bien accepté ce que j’étais parmi eux. Je n’en revenais toujours pas.

Je me sentais vivant, et puis vidé aussi. Mais ce n’était que quelques minutes de répit, où seule la bête vie et respire. Dans ces moments là, où mes pensées ne m’appartiennent plus, et où ne voguent plus que ces envies bestiales. Du sang, encore et toujours plus. Mais je savais la dompter. Je m’arrêtais un instant, pour plonger mes doigts nus dans l’épaisseur de la neige, témoin du rougissement étrange de ma peau. J’étais presque vivant. C’était plaisant. Alors je me dépêchais pour rejoindre la cour extérieure, juste pour récupérer ma lourde cape, pour me tenir chaud. Plutôt pour faire semblant, mais j’adorais savoir que mon corps, ma peau, avait un contact tiède et non pas froid, gelé, angoissant, terrifiant. Non. Ce soir, j’étais presque humain. Presque, après avoir volé du sang.

J’humectais mes lèvres doucement alors que je m’appuyais contre l’alcôve, tout en renouant correctement ma cape autour de ma gorge. Un nœud autour de celle-ci, pour mieux être prisonnier de son étreinte.
    « J’arrête. Tout. »
Un murmure, là, tout juste derrière moi. Ce que j’ai entendu en premier c’était son souffle, puis son cœur qui battait trop vite, et d’une manière tellement anarchique. Ces pas lent dans la neige. Son odeur terriblement envoûtante aussi. Elle était gelée par le temps, elle était resplendissante comme jamais. Je fermais les yeux doucement, pour essayer de l’oublier, d’arrêter de respirer, pour garder le contrôle. Te mordre, te voler ton sang à toi, était tout simplement impensable.

Et puis il eût ce contact contre mon épaule, qui me fit frémir de la tête au pied. Comme un choc électrique. Et puis je repensais à ce murmure. Tu arrêtais tout ? … C’était comme si je réalisais à présent. Tout. Tout. Tout c’était nous tous, le groupe. C’était la musique, c’était Poudlard, c’était notre amitié à nous 5. Tout c’était ça. Parce que nous n’avions plus rien, et que ce tout là, c’était ce qui nous restait. Et tu arrêtais, tu baissais les bras…

Je fronçais les sourcils, sans rien dire. Mais je me tournais lentement vers toi. Ce qui avait de rassurant dans la pénombre, c’est que tu ne voyais pas la teinte étrange des iris de mes yeux. Tu n’allais pas fuir en courant, tout simplement parce que tu ne les voyais pas. Mais je restais là, à t’observer, toi et cette symphonie cardiaque. Toi, et tes pupilles totalement dilatées. Je restais tout aussi proche de toi, et je vins poser mes doigts contre sa joue doucement, puis sous ton menton pour te faire relever légèrement la tête. J’effleurais tes mèches blondes. Je ne saurais dire ce que je préférais sur toi. Tu étais magnifique brun, tu étais magnifique blond. Mais ce blond te donnait un air de porcelaine, te donnais un air encore plus fragile et candide. Alors j’avais encore moins envie d’abandonner, juste pour être là pour toi, juste pour te surveiller et te protéger dans l’ombre. A moins que je ne fasse que te détruire, et te tuer à feu doux… Je n’en sais rien. Mais je n’ai pas envie de te partager…
    « Tu es complètement défoncé, Aidan… »
Même quand on le faisait à deux, que je prenais la même quantité que toi, ou plus parce que je suis un vampire, je te surveillais. Je veillais à ce que tu ne dérapes pas. J’étais toujours à moitié lucide, pour qu’il ne t’arrive rien. Je t’observais juste oublier tes problèmes, tes pensées, tes soucis. Ceux dont tu me parles, et puis surtout ceux que tu me tais. Ceux qui semblent te faire du mal sans cesse. Ceux que je ne connais que l’existence, sans pouvoir happer leur intérieur, tout simplement parce que tu ne veux pas me les faire savoir. Parce que je ne suis peut-être pas assez important pour toi. Parce que tu n’as pas assez confiance en moi. Alors je ne dis rien, et je n’insiste pas, lorsque tu ne m’en parles pas. Je respecte ton choix, même si je m’inquiète. Même si ca fait mal. Je sais que tu souffres, et je ne sais pas qui, pas quoi, ni pourquoi, ni comment. Non, je ne sais rien au final.

Tout comme tu ne sais rien sur mon vrai passé, tout comme tu ne connais pas mes pensées. Et que Dieu t’en gardes.
Et puis tu parles encore, alors que je ne t’ai pas lâché des yeux.
    « Sinon ça va, toi ?
    - Et toi… Si tu me disais ce qui va pas ? … Pourquoi tu te défonces tout seul maintenant, et pourquoi tu veux arrêter… Et ce que… Tu veux arrêter ?
    »
Je t’observais sans rien dire. Mes doigts lâchèrent enfin cette mèche pâle avec laquelle je jouais jusqu’à présent. J’inspirais profondément. Quelle lourde erreur que de sentir l’odeur de ton sang pourri par la drogue. Par la peur, par l’angoisse.
    « Parce que si tu parles du groupe… Tu m’as fais une promesse… Et c’est à deux qu’on arrête. »
Parce que tu disais toujours ce que tu pensais quand tu étais défoncée. Que tu le disais avec un petit sourire niais, dans un rire cristallin. Ou alors tu ne le disais pas, tu te contentais d’avoir une moue boudeuse, et puis tu réclamais mes bras. Combien de fois tu finissais mal, en pleurs dans mes bras, parce que tu t’étais trop drogué dans l’espoir d’oublier quelque chose que je ne pouvais mesurer, et qu’au final c’était tout le contraire. Je restais là, à te serrer contre moi, sans savoir quoi dire, quoi faire de plus, parce que tu ne voulais jamais en parler. Alors j’essayais de te calmer, de te rassurer, alors que je me sentais mourir, pour ne pas savoir être là pleinement pour toi. Ne pas savoir ce qui te déchirait, ne pas savoir comment te rendre le sourire. Je détestais te voir mal, te voir malheureux, te voir pleurer. J’avais envie de vivre pour te faire rire, te faire sourire, et puis te rendre heureux. Même si je savais que j’étais le premier à te détruire, juste pour que tu m’appartiennes un peu plus. Parfois je me disais que si je te donnais tout, et si tu l’acceptais, peut-être que tu me donnerais tout. Mais j’étais un salaud, et j’en avais encore la preuve avec ce que j’avais fais avant notre arrivée ici. Tu devais me détester au fond. Penser que je ne me servais que de toi. Que tu n’étais qu’un jouet.

Je suis désolé Aidan. J’aurais souhaité ne jamais croisé ton chemin, ainsi, je ne t’aurais jamais fais tout ce mal. Faire fuir tes amoureux, parce que je ne supportais pas passer mes soirées sans toi, parce que je ne supportais pas sentir leur odeur sur toi... Parce que ca me rendait malade de vous entendre, de savoir qu’ils t’embrassaient, te touchaient. Que tu pouvais te confier à eux, peut-être même leur dire à eux, ce qui t’hante depuis si longtemps. J’en devenais fou, qu’ils deviennent plus important que je ne le fusse, à tes yeux. Alors oui, je suis désolé, d’être si égoïste, et de ne pas avoir le courage et la force de faire le premier pas. Parce que cela serait accepté que je te tuerais de mon plein gré. Parce que c’est ce que je finirais par faire un beau jour, parce que j’ai tellement peur de te dire la vérité, j’ai tellement peur de te faire peur, que tu me fuis parce que je suis un vampire. Parce que je suis fou, et puis dingue de toi. Parce que je suis un monstre, et que je ne fais rien de beau, rien d’honorable. Je ne suis qu’horreur. Et toi, tu es une merveille, tu es ma raison de vivre, et je n’ai pas envie de te détruire. J’aurais dû fuir quand je t’ai vu. J’aurais du disparaitre, pour te laisser ta vie, et tes choix.
    «Princesse… Dis-moi ce qui ne va pas. Tu sais très bien que je suis là pour toi… »
Combien de fois avais-je prononcé ces mots, pour t’entendre dire que tu savais, et rien de plus. Rien de plus quand il s’agissait de ces mêmes maux dont j’ignore tout. Combien de fois tu me confiais autre chose pour ne pas me vexer davantage que je ne pouvais l’être.
Mais combien de temps tiendras-tu sans aide ? Je ne peux pas rester aveugle à cela, je ne veux pas rester sans rien faire. Alors je t’observais, je te fixais, alors que j’accrochais mes doigts à ta manche, de cette main plongée dans tes poches. Je ne voulais pas que tu partes, je voulais que tu restes avec moi. Oui, restes avec moi, même si tu ne veux rien me dire. Restes avec moi, encore un peu, s’il te plait.
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Aidan Ells
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MessageSujet: Re: Hallow the Damon. Open hell's gates. {Kerran ♥   Sam 3 Nov - 0:37

      « Tu es complètement défoncé, Aidan…
      - Qu’est-ce que ça peut bien faire… »

    Et mon sourire s’étira, largement. Si tu savais. Si tu pouvais ne serait-ce qu’imaginer l’état dans lequel j’me suis foutu, dans lequel je me foutrais pour végéter et ne plus pouvoir penser. Juste faire taire cette voix qui résonne quand ça va mal. Ce murmure qui se glisse insidieusement pour me rappeler que je ne le retrouverais jamais, que toi je ne t’aurais jamais. Et c’est pire encore, car toi je te vois, je te sens, je t’entends. T’es juste là, je peux te toucher, te désirer, nourrir mon espoir, le faire grandir juste pour mieux y renoncer. Parce que je n’ai pas les tripes de me faire jeter, parce que j'ai peur que tu me fuis. C’est pourtant tellement simple de prononcer ces trois malheureux mots. Profiter de mon état pour tout lâcher. Me libérer. Non, au lieu de ça j’ai mollement haussé les épaules, froncé les sourcils quand tes doigts ont rencontré ma joue et puis mes cheveux. Au fond, ça me fait surement chier que tu l’ai remarqué, senti ou je ne sais pas comment t’as pu le savoir. Parce qu’habituellement je ne dirais rien ? Parce que ça ne m’aurait sans doute jamais traversé l’esprit. Parce que nous savons que nous avons plus que ça.

      « Et toi… Si tu me disais ce qui va pas ? … Pourquoi tu te défonces tout seul maintenant, et pourquoi tu veux arrêter… Et ce que… Tu veux arrêter ? »

    Parce que tu n’étais là. Que je n’avais pas envie, ce soir, d’absorber un buvard, snifer de la poudre et me sentir partir alors que t’étais là. Tout juste à côté. Ce soir, je savais que je ne danserais pas sur une table, que je ne rirais pas. La descente aurait été rapide, trop pour qu’on me rattrape. Ce soir, je ne voulais pas que tu m’accompagne dans ma danse, je ne voulais pas que tu me filme, que tu lises dans mon regard comme dans un livre ouvert. Ce que tu sais déjà que bien trop faire.

    • « Parce que si tu parles du groupe… Tu m’as fais une promesse… Et c’est à deux qu’on arrête. »

    A deux. Oui, à deux. Il n'y a que les couples qui arrêtent à deux.

      « J’comprends rien au charabia… russe de Jude. »

    Et ce n’est au final pas plus mal qu’il ne me comprenne pas non plus complètement, et que je parle trop. Je lui ai dit. A peu près tout je crois, sans doute plus qu’il ne faudrait. S’il comprenait un traitre mot de ce que pouvais bien lui raconter... Mais je prends soin de ne rien articuler, de tout mélanger. De changer de sujet, d’y glisser une phrase, sans jamais prononcer ton nom. Si je comprenais quand il ouvrait la bouche, si on pouvait communiquer, je ne suis pas certain qu’il en saurait la moitié.

    Je ne discernais que ta silhouette. Ces traits noirs qui me laissaient deviner que tu ne souriais pas. C’était presque rassurant, de savoir que si je me mettais à chialer tu n’y verrais rien.

      «Princesse… Dis-moi ce qui ne va pas. Tu sais très bien que je suis là pour toi… »

    Princesse. Ça sonne tellement juste. Je suis la gentille princesse qui réclame les bras de son prince quand son talon s’est brisé. Celle qui vient gindre quand son corset est trop serré, pleurnicher silencieusement, sans raison, pour se sentir vivante ou bien même aimée. En somme, Princesse Casse-noisette. Qu’est ce que tu voudrais que je raconte ? Je pourrais tout te raconter sur ce qui s’est passé ce jour là. La voiture violemment percutée, mon tête qui heurta la vitre. Que j’ai crié en voyant la taule se froisser comme du papier. La douleur si profonde en sentant mes côtes se broyer. Le son du corps de mon père céder sous la pression. Ma cécité, les étoiles naissantes se fondre dans ce ciel devenu rouge. Cette chaleur visqueuse coulant contre ma tempe et puis ces éclats scintillants. Ces diamants au sol tâchés pourpre. Je pourrais évidemment te dire tout ça, mais qu’est ce que ça changerait ?

      « … Je sais. »

    Tant que mon monde tournera rond. Tout ira bien. Tant que je vous aurais vous, j’avancerais et le temps fera son travail. Il meurtrira ma mémoire, balayant la vue de son visage balafré, son cri ne deviendra plus qu’un murmure. Les sirènes seront les mélodies de mon sauvetage, de ma survie. Et ces chants de désespoir ne se chantent pas. Pas pour toi. Pas pour eux non plus. Se sont des accords qui ne résonnent que pour moi. Qu’en me livrant je ne m’apaiserais que le temps d’un sonnet. Que j’éveillerais chez toi juste un peu de pitié, de la compassion. Ou peut-être même rien du tout. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas ça que tu voudrais entendre. Je ne sais même pas ce que tu as envie d’entendre. Mes souffrances, mes peines ? Mes angoisses ?

    Ce qui ne va pas ? Mais tout va bien. C’est que j’aurais aimé laisser sortir d’entre mes lèvres. Mais j’avais cette boule au ventre, ce nœud dans l’estomac. La tête qui tourne, la gorge sèche. Je m’entends rire. La défonce. Cette agréable sensation de pouvoir se sentir joyeux, heureux même, et ce même si le monde venait à s’écrouler. L’esprit qui sort de ce corps, spectateur d’une enveloppe qu’on ne contrôle plus. Une transcendance qui nous libérait tous de nos foutus malheurs, de nos existences rasés d’espoir. Un passé de merde qui nous avait poussés à nous en sortir. La réussite dans un univers plongé dans le chaos. Le regard posé sur toi, je sentais ma main venir chercher la tienne, celle qui se glissa dans ma poche. D’ailleurs… toi, c’est quoi ton passé ? Je ne connais au final rien de toi et je me prétends être ton meilleur ami. Quel ami, je fais.

    Je sais que t’es là, toujours. Jamais loin, et même si physiquement tu venais à être absent, tu serais toujours là. Dans ma tête, je t’imagine toujours tout proche. Presque que comme une ombre, ou alors je suis ton ombre. Celle qui ne peut quitter le corps, celle qui a besoin de la lumière pour exister, pourtant il n’y a que la nuit que nous partageons le plus. Et c’est surement ce qu’il y a de plus effrayant là-dedans, c’est d’avoir peur de ne plus t’avoir, de perdre la lumière qui me fait exister. De me retrouver vraiment sans toi. Alors si je te disais que j’allais mal parce que je crève d’amour pour toi, est-ce que tu comprendrais ? Est-ce que t’accepterais de toujours être là pour moi ? Si je te disais que…

      « Je pense toujours à cette nuit, tu sais. »

    Et à bien d’autres encore. Mais surtout celle là. Juste celle qui se différencie de toutes les autres. En tout cas pour moi, elle représente tellement : le moment où je t’ai eut et celui où j’ai sonné le glas.

      « C’est bizarre... Je s’rais incapable de te dire… si c’est en bien ou pas. »

    Mon sourire s’affina, sans doute bien plus serein, ou plus tendu, ou juste pour te faire que j'étais comme d'habitude. T'en donner l'illusion. Mais je sentais toujours les battements anarchiques de mon cœur trahir le calme de ma façade. Ce sang qui me montait à la tête. Parcourut de longs frissons, à m’en donner la chaire de poule. Et Dieu que j’avais soudainement chaud, à l’idée d’en dire trop. Les pensées qui défilent sans même avoir le temps de les déchiffrer. De tout cracher et tout casser, comme je le fais toujours. De dire des choses que tu prendrais trop pour toi, te vexerais ou te ferais du mal. Je voudrais tant t’envoyer chier, te dire de disparaître, que tu m’en veuille, que tu me déteste, que j’ai matière à t’oublier. Mais toi je te veux, et toi t’es toujours là.

      « Mais j’y pense trop. Comme si... j'attendais qu'ça. »

    Ça. C'était tellement évident pour moi et je me fichais bien de savoir si tu arriverais à la même conclusion..Et sans m’en rendre compte, mon corps alla contre le tien. Incapable de bouger plus, les mains toujours enfouis, juste ma tête contre ton épaule à fixer nos pieds. Ces pieds qui bougeaient, sans même quitter le sol. Et je me sentais diablement bien, là, mis à part les légers vertiges qui arrivaient à me faire décrocher un léger rire. Silencieux, battu par ma respiration grandissante. Je me sentais fichtrement mal tout à coup, et puis terriblement bien contre toi. Avec toi, je suis bien et puis mal, il est là tout le problème. Alors j''attendais que tu resserre tes bras sur moi, que tu m'engueule ou que tu te taise. J'avais juste envie que tu sois là.


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Kerran Kellermaan
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MessageSujet: Re: Hallow the Damon. Open hell's gates. {Kerran ♥   Dim 23 Déc - 23:33

    « Qu’est-ce que ça peut bien faire… »
J’observais ce sourire contre tes lèvres. Non, je n’osais pas imaginer, ce que tu pouvais faire quand j’avais le dos tourné. Ce que tu pouvais faire avec les autres, ou seul, entortillé dans ce linceul mortuaire. J’aurais préféré te savoir bien, heureux ; pouvoir me dire que j’étais le seul à souffrir dans cette histoire de fanatiques. Mais nous tournions toujours tous vers la même personne quand nous avions envie d’oublier. Nous tournons tous autour de Dean quand il est l’heure de faire la fête tous ensemble, et de lâcher prise. Mais je préférais tellement que tu t’envoles avec nous, après l’un de nos meilleurs concerts, pendant l’anniversaire de Dean… Que nous jouissions tous de cette factice liberté, main dans la main. Quand nous étions là. Quand tu étais entouré. Mais toi, comme tout le monde, tu fais semblant. Semblant de tout, semblant de rien. Semblant d’aller bien. Tes sourires sonnaient faux. Tes rires étaient vides. Je ne l’entendais que trop bien, je ne voyais et ne ressentais que cela. Jamais ton malheur ne saurait me duper. Je le savais, et cela me tuait.
Je ne préférais pas imaginer, non, ce qui tu étais capable de faire, pour oublier tes maux. Faire taire ces voix. Non, je ne préfèrerais pas. J’aurais bien trop peur du résultat, trop peur de te perdre totalement ; que tu m’échappes entièrement.

Tout comme je ne comprenais pas pourquoi tu me parlais soudainement de Jude. C’est vrai, qu’avec lui, je parlais Russe. Lui, bizarrement, il savait. Il m’avait surpris. Je lui avais confié ma réelle nature. Pas tout. Juste la surface poétique, juste ce qui était attractif. J’avais dissimulé toute la laideur, la lui laissant deviner à travers les lueurs de mon regard, de mes rictus de dégoût. Tout ça à cause d’un malaise pendant une répétition, tout ça à cause d’une erreur avant l’un de nos concerts. J’avais oublié d’aller chasser. Oui, oublier. Oublier, parce que j’étais avec vous, parce que je me sentais bien. Presque vivant. Presque humain. Comme vous. Alors j’ai oublié cette part monstrueuse de moi, j’ai oublié de nourrir le Monstre, et le Monstre s’est éveillé peu avant notre passage sur scène. J’aurais pu te tuer ce soir là. Ce soir là, il n’y avait plus que mes crocs et l’odeur de ton sang. Tu sais, cette espèce de senteur dansante et pure, qui voletait et virait sous tes mouvements. Celle qui enrubannait tout l’espace, et me prenait la gorge. Elle, qui s’immisçait au plus profond de moi, pour éventrer l’envie du monstre, pour le faire hurler d’envie et de désespoir. Et puis Jude, perspicace dans son silence, nous a éludé quelques minutes. Alors je lui ai tout dis. Sûrement la seule nuit de la semaine que je n’ai pas passée à tes côtés. Juste pour vider mon sac au Russe. Pour lui dire que j’étais dingue de toi, pour lui dire que j’étais désolé de vous mentir. Pour lui dire des choses que je savais, que je désirais au plus profond de mon être, et que je ne me permettrais jamais. J’ai peut-être bien pleuré cette nuit-là. Juste un peu. Désolé de m’appuyer contre lui, le violoniste discret, celui qui souffrait aussi. Nous souffrons tous. Trop.

Princesse. Ouais. Tu détestais ce surnom. Pourtant, tu ne peux pas t’imaginer à quel point tu étais craquant la première fois que je t’ai appelé ainsi. Surpris. Gêné. Puis tu râlais. J’adore t’entendre râler, lorsque tu fais semblant que quelque chose ne vas pas. Juste pour qu’on cède à ces espèces de caprices miniaturisés. Je ne t’appelais pas Princesse pour ce côté niais, et demoiselle en détresse. Non… C’était peut-être pour avoir le sentiment que quelque part j’étais ton Prince. Que quelque part, j’accédais à ce que je désirais. Prince ou pas, je voulais être là pour toi. La Princesse, c’est une personne forte et fragile à la fois. La plus belle, et celle qui est bonne. C’est sûrement ainsi que je te voyais. Tu m’as rendu meilleur, au fond. C’est moi qui me suis pourris moi-même avec ma rancœur, ma jalousie. Mais c’était mon choix. Une promesse que je m’étais faite. Jamais, je ne serais ce Prince-là. Je serais juste le Chevalier de Cœur, le Cavalier des Ombres, qui te protégerait dans la pénombre. Alors oui, je sais très bien, qu’un jour je devrais me retirer, pour te laisser vivre ta vie… Pour te laisser aimer quelqu’un, et surtout laisser ce quelqu’un s’approcher de toi. Je sais tout ça. Mais c’est trop dur pour l’instant… Je suis désolé.
    « … Je sais. »
Une légère grimace prit mon visage. Tu sais. Tu sais que j’étais là pour toi, et voilà, fin de l’histoire. Tu le savais. Mais une fois de plus tu ne dirais rien de plus. Parfois, j’avais tellement envie de partir après ces paroles. De te laisser comme un idiot. Mais seul surtout. Jamais, je n’oserais te forcer à me dire ce qui n’allait pas. Je restais, pour te soutenir en silence, pour être là. Peut-être que j’espérais que ma présence t’apaiserais un peu. Mais c’était toujours la même chose… Toujours cette réponse, et cette sensation de colère et de vide. Combien j’aimerais pouvoir te frapper, te faire mal, te torturer et te forcer à me dire la vérité. M’avouer ces maux qui t’heurtaient de plus en plus fort, te brisait en silence. Mais ce hurlement de douleur, moi, j’aurais pu le rendre audible de mes griffes et de mes crocs. Mais diable ! Enfoiré ! Est-ce qu’un jour tu cesseras donc d’être si égoïste ?! Tu n’étais pas seul dans cette bulle ! Non ! Et je n’étais pas le seul à m’inquiéter pour toi. Mais non. Tu es grand. Tu es fort. Fais donc. Et ne viens donc jamais me pleurer dessus, quand ta vie te rattraperas.

Parfois j’avais l’impression que tu avais compris. Tout comme ce monde voyait que j’étais amoureux de toi. Sauf toi, n’est-ce pas ? Combien de fois Dean m’avait-il taquiné de ne pas « avoir les couilles », Jude de me demander à méditer à des phrases. Pour te le dire, te le faire comprendre. Il n’y a que toi qui étais aveugle à tout cela… Et au fond, je préférais cela. Il n’y a que Jude qui voyait la malédiction. Je ne cessais de me demander, si cela en aurait été autrement, si cette dernière n’aurait jamais existé. T’aurais-je regardé de la même manière ? T’aurais-je désiré aussi intensément ?
Et si moi, je n’aurais été qu’humain… Vous aurais-je à mes côtés ? Aurais-je été devenu célèbre ? Est-ce que je vous aurais comme famille ? Est-ce que tu m’aurais aimé comme tu le fais ? Est-ce que tu aurais été mon frère, mon confident, mon amour ?

Je suis un Monstre, né pour plaire, créé pour dévorer. Je n’étais le créateur que des comédies charnelles et sanglantes. La séduction, c’était seulement pour le plaisir. Juste un substitut d’amour. Mais est-ce que sans cette aura, vous auriez été là pour moi ? Est-ce que sans cette aura, ton attention se serait arrêtée sur moi ? … J’étais tellement différent avant. Peut-être serais-je tout aussi amoureux de toi, cruel destin. Mais sûrement que tu n’aurais jamais su mon existence…
    « Je pense toujours à cette nuit, tu sais. »
Je serrais légèrement mes doigts contre les tiens, perdu au chaud, dans ta poche. Comment ne pas penser à cette nuit-là… J’en avais tant rêvé ! De pouvoir te toucher, t’embrasser, te sentir. Te faire trembler, et frémir. T’appartenir un peu plus, sentir ton souffle contre ma peau et puis mes doigts contre ton corps. J’en avais tant rêvé, cauchemardé. Je l’avais tant désiré. Tellement… Sûrement trop. J’avais transformé mes rêves en réalité. Juste une fois. Je ne savais toujours pas si je le regrettais ou pas. C’était une erreur, je le savais. J’en sentais son goût amer, mêlé au doux sucre du plaisir. Mais comment te dire la vérité…
    «C’est bizarre... Je s’rais incapable de te dire… si c’est en bien ou pas. »
Je t’en prie, Aidan, tais-toi… Cela serait tellement plus simple que tu penses à cela en mal. Tellement plus simple. Ne me laisse pas le choix. Ne me demandes pas de choisi, tu n’en as pas le droit...
    «Mais j’y pense trop. Comme si... j'attendais qu'ça. »
Je pensais tellement avoir été assez odieux avec toi, ce soir-là, pour que tu reviennes me parler de ça. Je t’avais fais comprendre mon choix, pour que tu ne viennes pas me demander à le faire réellement. Alors je me taisais, ne voulant pas t’engager plus loin sur ces sentiers dangereux. Après tout, tu étais complètement défoncé. Tu riais seul. Alors je relâchais lentement ta main, et vint défaire ma lourde cape, pour te la glisser sur les épaules. Je passais même ce capuchon sur ton crâne, laissant ces fines mèches blondes en sortir à peine. Un léger sourire se glissa sur mes lèvres.
    « N’y penses plus, Aidan… »
Je passais lentement mes bras autour de ta taille, et te laissa aller contre moi. Je fermais les yeux et inspirais ton odeur avec force. Dieu. Combien diable pouvais-je envisager de partir si loin de toi, un jour ? De te laisser vivre ta vie… Tu l’ignores peut-être, mais tu m’appartiens. Je me contrefous de réduire ton cœur en bouillis. Tu m’appartiens, que tu le veuilles ou non. Alors je serrais mes doigts pour fort, contre toi. J’ai tellement envie de te l’hurler. Tu étais tout aussi odieux que moi, à venir me pleurer dans les bras, à venir t’appuyer sur moi, sans jamais me confier ce qui n’allait pas. Un jour, je finirais par t’écraser par ces affronts. Et puis, une autre nuit, peut-être que je viendrais t’aimer, et te briser sous mes baisers.
    « Tu sais très bien… Que cela ne marcherait pas, nous deux… »
Tu ne serais plus que prisonnier de mes envies, et de mes sentiments. Je te crèverais les yeux à regarder les autres. Je décimerais la population entière pour qu’elle ne t’approche. Tu ne serais plus que ma Princesse de cristal, dans ta tour d’ivoire. Prisonnière des folies monstrueuses de son amant, le Prince. Tu ne serais plus qu’une Poupée étouffée par trop d’amour, trop de peur, et trop d’horreur. Tu vivrais simplement de ma Passion, et de mes envies. Chaque jour un peu plus, j’éclaterais ce putain d’amour que tu te sommes de me porter. Chaque jour un peu plus, j’écartèlerais ton âme, pour éclater ton cœur, et en faire une délicieuse œuvre d’art.
    « Aussi fort… Soient nos sentiments. »
Je ne suis pas l’homme que tu vois. Ni même celui que tu crois. Je ne suis pas Homme, je suis quelque chose d’autre. Je ne suis qu’une Ombre dans ce bas monde, celle qui vogue d’un cœur à l’autre pour puiser toute leur puissance. Je vole la vie. Je vole les sentiments, pour me sentir un peu plus vivant. Et ta vie sera mienne. Elle le sera, quand je l’aurais décidé.
Alors je laissais mes lèvres glisser contre ta mâchoire, et laisser s’échapper un doux baiser contre ta joue. Tu ne peux pas savoir à quel point je te désirais Aidan. Je t’aime tellement, que je préfère te donner à quelqu’un d’autre. Cet autre destin, ne laissera certainement vivre plus longtemps. Alors je fermais les yeux et posais ma tête contre la sienne, pour éloigner cette idée que de voler tes lèvres, pour faire vibrer ton coeur, et te faire souffrir encore.

Ne m’en veux pas, s’il te plaît, de vouloir ton bonheur.
Ne m’en veux pas, si je ne préfère pas te donner ce que tu veux.
Je ne peux pas, te donner ce que tu désires.

Jamais, je ne saurais te rendre heureux.
Je suis la clef de ta destruction.
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MessageSujet: Re: Hallow the Damon. Open hell's gates. {Kerran ♥   Lun 7 Jan - 11:54

et/ou

      « N’y penses plus, Aidan… »

    C'est tellement simple de me le demander. Comme ce soir-là, où je me suis senti tellement idiot d'y avoir cru un peu. D'avoir osé imaginer qu'il puisse y avoir plus. C'était juste un jeu, voilà tout. Rien de plus. Rien de plus qu'un de tes jeux que tu pratique aussi avec tes fans hystériques. Pour passer le temps. S'amuser. Pourquoi d'ailleurs aurais-je le droit à un traitement de faveur ? Pourquoi, moi, j'aurais le droit à plus ? Crois-moi Kerran, si je pouvais ne plus y penser je le ferais. Je voudrais pouvoir oublier, mais seule la mort offre l'oubli alors que la vie n'a pas cette indulgence. Ça semble si simple pour toi de pouvoir effacer ces fragments de mémoire. Cœur de pierre, en plus d’en être le briseur.

      « Tu sais très bien… Que cela ne marcherait pas, nous deux… »

    Tu m’as pris le peu qu'il me restait. Avant ça, oui, je pouvais encore faire semblant. Dissimuler ce trop-plein de sentiments que j'ai pour toi. Arrêter d'y penser, faire comme si de rien n'était. Sauf que tu as ôté la barrière. Celle qui me permettait encore de te regarder comme un simple ami. Tu as juste détruit ce qu'il y avait entre nous et jamais plus je ne pourrais me comporter comme un pote. Un frère, que sais-je. Au fond, avec toi, je ne savais plus qui j’étais ni même ce que j’étais. Je ne suis rien. Plus rien. Plus assez, tout du moins, pour avoir le droit à une explication plus étoffée. Cela ne marcherait pas, parce que tu n'en avais pas envie. Grâce à dieu, tu avais encore la bonté de cœur de m'épargner les larmes. La douleur de savoir que j'avais toujours trop espéré. Alors je n'ai pas relevé les yeux vers toi. Je les ai laissé clos, sans bouger de contre toi. Puis j’ai fixé droit devant. Ces plis de tissu, ces vagues à peine dessinées dans la nuit.

      « Aussi fort… Soient nos sentiments.
      - …Hein ?
      »

    C'est abject.
    C’est dégueulasse.
    Mais après tout, ce n'est pas comme si c'était la première fois que je t'entendais prononcer ces mots. Pourtant, jamais ils ne m'étaient parus si douloureux. Si assassins. Pourtant je ne te demandais, au final, pas grand chose. Je souhaitais juste que tu me dises que personne ne pourrait prendre ma place. Ne serais-ce qu'y songer. Que je serais toujours celui que tu viendrais consoler, étreindre sans raison, juste pour me sentir. Celui que tu viendrais embrasser comme tu le faisais à ce moment-là ; qui m'en arracha un frisson jusqu'à l'échine. Peut-être bien même que je me tordais légèrement de douleur sous tes doigts désormais trop serrés contre mes hanches. Et cette cape horriblement lourde qui t’épargnait ce regard à peine plus éveillé que ma conscience. Tout comme mon souffle et ce silence qui ne semblait plus vouloir se briser. Alors lentement j'ai resserré mes doigts avant de me décrocher de toi, puis d'amener mon poing contre ton ventre. D'y appuyer plus fortement mes phalanges contre ton haut. Comme une envie d'y cogner de toutes mes forces, de te faire cracher ce que tu prenais soin de m’épargner. Mais est-ce que tu me le dirais plus clairement, plus sèchement, plus méchamment encore. Pour que ça rentre dans ma tête, que chaque mot résonne plus durement encore.

      « Je t'emmerde. »

    Comme jamais. Mon regard gagna la silhouette de ta mâchoire. Alors que la mienne se crispait tout aussi lentement que le pas que je fis en arrière pour m'éloigner juste un peu. Je ne te craignais pas, non. Il m'arrivait certes, parfois, de redouter tes réactions ou encore tes colères. Ces moments- là, où ton regard s'obscurcissait ou devenait tout aussi fou que ce qui pouvait bien t'animer. Ces lueurs dans les yeux qu'il était souvent bien difficile d'en discerner le sens. Mais jamais je n'ai craint les coups, dieu sait que je devrais parfois, quand je repense aux types que t’as massacré pour me défendre. Non. La seule chose qui me glaçait le sang c'était que tu m'ignore. Que tu m'en veuille ? Que tu me zappe. Comme on change de programme moldu quand il devient terriblement chiant. Je suis chiant. Je le sais. Je t'en demande trop. De ça, par contre, je m'en fous. Je me foutrais de tout, désormais. Même de toi, s’il le faut.

      « Je rectifie... Tu m'emmerdes. »

    Très certainement suis-je peu convaincant en me sentant légèrement osciller vers l'arrière. Mais c'est ce foutu sol ! J'ai brusquement fermé les yeux en venant m'agripper à ton poignet, avant de prendre appui sur la colonne. Trop froide et trop rugueuse cette pierre. Tout comme toi. Froid, distant. Rugueux aussi. Aucune délicatesse en fin de compte dans tes mots, alors que le son de ta voix me faisait l’effet d’une berceuse. Juste la pure vérité. Il n'y aurait rien de plus, parce que ça ne marcherait pas. Pourquoi d'ailleurs ? Parce que je ne suis pas assez bien ? Pas assez drôle ? Juste un bon pote baisable. Un oreiller le soir, un jouet après concert ou pour une nuit. Une distraction, tout court. Un ami seulement parce que t'aurais peur de me perdre s'il y avait plus. En somme, l'excuse affligeante que sort toute personne pour vous faire comprendre qu'elle ne vous aime pas : « Je t'aime bien... mais je te considère comme un frère. » Merde. Si tu m'aimais autant que moi je pouvais t'aimer jamais tu ne m'aurais repoussé. Jamais tu n'aurais envisagé le « et si ça foirait. » T'en fais pas, va. Ce soir je vais parler.

      «Pauvre type... T'as mille façons de me jeter, de me dire non. Un non suffisait tout simplement. Non. Tu sais dire non ? Non ! Il faut encore que tu me laisse espérer comme un con avec tes phrases à rallonge juste pour me dire non ! »

    Le pouls qui rythmait la cadence grandissante de mes mots. Entendant mon écho résonner dans l’alcôve, j’ai brièvement détourné la tête. M’assurer que personne ne m’entendrait. Juste pour ne pas te nuire. Evidemment, je savais que tu ne voudrais pas que ça se sache. Ça serait trop… honteux. Qu’on te pointerait du doigt, toi l’hétéro. Le chanteur coursé par son guitariste. Quelle blague. Quoi que ça ne serait qu’un scandale de plus, un moyen de plus pour qu’on parle de nous. Mais moi je n’ai rien a caché. Plus même à toi.

      « Je ne sais pas moi... Non, Aidan, t'es mignon mais je préfère les femmes.
      Au moins là, c'est clair. Pas d'ambiguïté. Pas de place pour l'espoir. Pas de si. Tu pensais vraiment...que je me contenterais de tes explications ? Ou alors c’est moi qui suis maso… c’est drôle quand même… T'aime ça, hein, avoue.
      »

    Puis ce sourire... Je le sentais qui étirait les commissures de mes lèvres à la manière des arrogants. Un peu comme toi parfois. Tu sais ce rictus presque trop provocateur. Trop sûr de lui. Pourtant c'est bien loin de ce que je suis à ce moment même, alors qu’au ton de ma voix on y sentirait presque une certaine conviction. Après tout, c’était sûrement sur fond de vérité. Dis, ça l’était ? Je te jalousais de pouvoir jouer, toi, alors que moi j’en étais tout bonnement incapable. Je n’ai jamais rien su cacher à quelqu’un, à partir du moment où il tapait dans le mille. Mais toi… toi si. Jamais je n’ai réussi à te faire parler. Toi tu pouvais me regarder dans les yeux et me dire ce que je voulais entendre, juste pour que je me calme, me satisfaire. Toi, tu étais capable de me brusquer, d’arrondir les angles, ou de ne rien me dire quand je cherchais trop loin. Alors que moi je me laisserais écraser, quitte à morfler. Quitte à pleurer. Quitte à tout perdre.


      « Comme si je pouvais t'en vouloir de ne pas ressentir plus. Je me serais fait une raison, point. Alors que là... Un silence. Court, concis. Suffisant pour que tu sache que je ne continuerais pas ma phrase. Par choix. ...t'es juste une enflure en fait. »

    Chien.
    Pédale.
    Même pas les tripes de me dire les choses franchement. Ce n’est pas comme si tu ne me connaissais pas. Tu savais pourtant que je serais incapable de me défaire de toi. Ce soir, t’aurais dû me le dire au lieu de m’agiter la carotte sous le nez. Ouais, je t’aurais boudé, à ton plus grand plaisir mais pour le mien aussi. De cette façon, j’aurais pu revenir vers toi et m’excuser le moins platement du monde. Ou tu l’aurais fait, qui sait. Au lieu de cela, j’ai le droit au joli numéro, que tu dois très certainement sortir à toutes les chiennes en chaleur qui te lècheraient les pieds juste pour que tu poses les doigts sur elles. Ah oui, Damon, si tu savais à quel point tu me rendais fou. Que les autres me jettent j'acceptais, j’accepterais encore. Mais pas toi. Parce que tu es le seul capable de me faire littéralement péter les plombs. Parce que nous n’avons pas une relation de frères, ni même encore de jumeaux. Non. Nous, c’est plus. Ce n’est pas comparable, pas descriptible. Personne ne pourrait rien y comprendre, pas même moi.


      « Tu mettras ça sur le compte du buvard, hm ? »

    C’est comme ça que tu me préfère, non ? Agité, incertain ? Drôle et souriant ? J’agirai donc sans réfléchir, sans me soucier de ce que tu pourrais bien penser en fin de compte. Sans ciller, mon visage s’est de nouveau tourné vers toi alors que je vins agripper ton col de mes deux mains, laissat ainsi tomber ce maudit capuchon. J'ai serré le peu de drapé entre mes doigts pour te forcer à m’approcher ou du moins à ne pas t’éloigner. Et pourtant jamais je n’ai eu autant l’impression de te perdre, avec cette sensation qu'à force de te chercher je finirais par m’en mordre les doigts. Puis je suis venu chercher tes lèvres. Tu sais celles qui ne me sont plus offertes. Celles qui viennent seulement se poser contre la chair de ma joue pour un bonjour, une consolation. Une bien maigre consolation.

      « Oui voilà, tu m’énerve. »

    Sans en ajouter plus j’ai reposé talons au sol. Sans décrocher mon regard du tien. Sans craindre non plus que tu aperçoives le rouge qui me montait aux joues, ni même ces pathétiques larmes silencieuses que j’ai essuyé d’un rapide revers de main. Qu’importe maintenant ce qui pouvait te traverser l’esprit, plus rien ne pouvait me faire plus mal, que tu me snobes, moi, comme une vulgaire connaissance.
    Kerran, si je te disais que je me sentais seul. Si je t’avouais que je n’arrivais à me lier à personne si ce n'est vous… est-ce que tu m’excuserai pour tout ce que je dirai ? Si je te disais que passer mes nuits sans toi étaient devenu un véritable enfer. Même si j'ai Jude. Même s'il y a Dean. Que cette école avait fini par m'arracher de cet espèce de rêve cotonneux depuis que je vous côtoyais.

    Si tu peux ne plus penser à tout ça, alors soit.
    Mais moi, je n’ai pas envie de l’oublier cette nuit-là.
    Plus envie, ni la force de faire semblant.

_________________________________
Through pain of heart or loss of mind,
your burdens was lifted.
In the catacombs of a bruised soul,
I became just a memory.
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Kerran Kellermaan
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MessageSujet: Re: Hallow the Damon. Open hell's gates. {Kerran ♥   Mar 8 Jan - 12:10

N’y pense plus pour nous deux. Je continuerais à faire semblant de ne pas y penser. Je ferais semblant de tout. D’être heureux, même si tu veux, pour que tu tournes la page. Je suis désolé. J’ai craqué. Quelques longues minutes, je me suis senti humain. Parce que j’ai ressentis comme eux, comme toi. Je me suis senti tellement bien ! Jusqu’à ce que je réalise ce que je venais de faire. Ce que nous venions de faire. Jusqu’à ce que je me rappelle de toutes ces conséquences. De tout ce que cela voulait dire pour toi, ce que cela ne pouvait pas dire pour moi. Tu crois que t’embrasser est un calvaire ? Te garder dans mes bras, en attendant que tu t’endormes ? Tu crois, qu’apaiser tes larmes, je m’en contre fou ? J’aimerais tellement être ce Prince dans les histoires, ou même la Princesse, si cela peut te faire plaisir. Mais juste toi en face. J’aimerais tellement pouvoir faire comme les autres. Juste l’enlacer et t’embrasser doucement devant tout le monde. Te taquiner gentiment, et t’attendre plus loin, dans l’espoir que tu me rejoignes. Je me contrefous tellement de ce que peux penser les autres. Je suis juste ce qu’ils veulent penser de moi. J’aimerais être cette personne. Mais je n’aurais jamais cette prétention, de vouloir être tout pour une personne.

Je t’ai pris tout ce qui te restait... Peut-être. Oui. Je suis égoïste. Mais toi, que m’as-tu laissé ? Juste cette douleur, cette rancœur. Ces regards qui en demandent toujours plus. Tes moues pour me faire craquer. Tes sourires trop doux. Et puis ces plaintes, ces jérémiades. Si tu veux que cela soit un jeu, soit. Nous serons tour à tour le chat et la souris. Mais je crois que je suis la souris la plus masochiste qu’il puisse exister, et le chat le plus cruel. Pile, je gagne. Face, tu perds. Il faudrait alors que je disparaisse, voilà tout.

Et puis lentement tu te détaches de moi. Alors ça y est ? Je n’aurais réussis à te préserver plus longtemps, à te protéger ? Je n’osais pas bouger. J’en étais incapable après tout. Mon regard se baissa légèrement sur toi, comme si je te regardais de haut, moi ce grand personnage provocateur et hautain. Surtout hautain. J’inspirais à peine, sous la pression de ton poing contre mon ventre. J’envie cette chaleur qui monte à tes joues. Cette respiration blanche qui s’échappe de tes lèvres. Y as-tu ne serait-ce qu’une seule fois, fais attention ? Dans ces nuits noires, des nuits glacées, où j’étais aussi froid que la nuit ? Aussi inerte qu’un cadavre. Aussi vivant que mon cœur.
    « Je t'emmerde. »
Mon regard finis par s’arrêter sur tes lèvres quelques secondes. Puis je me mis à chercher ton regard. Tu m’emmerdes ? … Non. Jamais. Ou peut-être que si. Mais tu valais tellement plus, et toute ma patience. Alors je ne réagissais toujours pas. Je t’observais juste, sans oser bouger, sans oser détruire ce vide, cet espace que tu mettais entre nous. Je vivrais dans ton ombre s’il le faut. Je ne serais présent à ton regard, mais je serais juste là, derrière. A te protéger.
    « Je rectifie... Tu m'emmerdes. »
Et puis tu partis en arrière. Cette fois-ci je ne réfléchis pas, et ce fut d’un mouvement vif que je voulus te rattraper. Par le bras, l’épaule, le poignet, la main, tout entier, que sais-je. Mais ce fut tes doigts si bouillant qui vinrent se glisser autour de mon poignet en premier. Je me rapprochais légèrement, te laissant te poser contre la colonne sans encombre. J’étais si proche, et pourtant incapable de te dire tout ce que je ressentais. Incapable de rien faire, si ce n’est d’observer ton beau visage, aux yeux clos. Je ressentais toujours cette envie incommensurable que de déposer mes lèvres contre ta mâchoire. Les glisser plus bas, le long de la courbe de ta gorge. Y planter mes crocs, encore et encore, alors que cette jouissance inhumaine t’aurait pris tout entier. Une chaleur étrange. Un plaisir sauvage. Et puis je pourrais te laisser là, pour mort.

Et puis cette main me lâcha. Et tu brisas le silence, de nouveau.
    « Pauvre type... T'as mille façons de me jeter, de me dire non. Un non suffisait tout simplement. Non. Tu sais dire non ? Non ! Il faut encore que tu me laisse espérer comme un con avec tes phrases à rallonge juste pour me dire non ! »
Je ne souriais plus. Non. Je t’observais juste à déverser toutes ces paroles que tu ne m’aurais jamais dites sans… Sans ce buvard. Je ne sais pas si je devais aimer ça. Oui, te dire non. Je t’ai tant de fois dis non, en riant à moitié, juste en détournant mon visage, alors que j’attirais ton corps contre le mien. Non. Non, je ne voulais pas de tes baisers quand tu étais saoul. Non, non, je n’en voulais pas. Je ne voulais pas d’un homme qui a besoin de l’alcool pour me désirer. Pour avoir le courage de venir me le dire. Me le faire comprendre. Tu n’as jamais su me le faire comprendre autrement. Tu étais toujours si… Normal. Sauf quand tu buvais trop. Sauf quand tu planais trop. Alors j’ai fais semblant de ne pas comprendre. J’ai fais semblant de tout mettre sous la responsabilité de la drogue. De l’alcool. De ton orientation sexuelle. J’aurais pu n’être qu’un jouet. Parce que tu n’avais que ça sous la main, dans ces moments là. Parce que t’étais qu’une trainée en manque. Non ? Tu te souviens pas, de toutes ces fois, où je galérais pendant des heures pour que tu te couches. A refuser tes bras. Tes baisers. A finalement t’accorder de dormir avec toi. Dans tes bras. A écouter ton cœur qui battait trop vite. Trop fort. Combien de fois j’ai cru que tu me crèverais dans les bras. Combien de fois, j’ai cru que tu ne te réveillerais jamais. Et toi, tu ne t’es jamais demandé ce que je pouvais ressentir dans ces moments-là. Tu ne t’es jamais demandé ce que je ressentais pour toi. T’as toujours été le seul incapable à voir les regards que je te portais. Le seul incapable à comprendre que je t’aimais à en crever. Le seul incapable à comprendre que je tuerais pour toi. Parce que je l’ai déjà fais. Me faire monstre juste pour faire payer à ces ordures le mal que l’on a pu te faire. Parce qu’y avais que toi pour ne pas remarquer que je disparaissais. Je t’ai peut-être pris pour un con cette nuit-là… Mais toi… Dois-je les compter ?
J’ai craqué. Je t’ai donné ce que tu voulais. Ce que je voulais. Parce que moi aussi j’ai toujours rêvé d’être plus ça. Depuis ce soir, dans ce bar. J’ai toujours rêvé de pouvoir t’embrasser, comme eux on pu le faire, pendant nos soirées. Passé mon bras autour de ta taille, par pour une photo, par pour délirer, juste pour marquer que ouais, ce connard, il est à moi. Que je le laisserais à personne. Mais non. Y avais ce type. Ou l’autre. Tous ces types qui croyaient te connaître. Qui croyaient être assez bien pour toi. Mais non ! Non ! Personne n’est assez bien pour la merde que tu es. Non, personne. Pas même moi.
    « Je ne sais pas moi... Non, Aidan, t'es mignon mais je préfère les femmes.
    Au moins là, c'est clair. Pas d'ambiguïté. Pas de place pour l'espoir. Pas de si. Tu pensais vraiment...que je me contenterais de tes explications ? Ou alors c’est moi qui suis maso… c’est drôle quand même… T'aime ça, hein, avoue. »
Je préfère les femmes. Mais toi, tu n’étais ni homme, ni femme. Tu n’étais pas un sexe à mes yeux… Tu étais juste… Toi. Aidan. Ce guitariste déjanté. Timide, mais complètement fou. Ma Princesse. Aidan, quoi. Et non, ce n’est pas ton sexe que j’aime, mais juste toi. Non c’est pas clair. C’est toi qui est con. Comme si j’pouvais préférer ces groupies dans mon lit, à toi. C’était juste pour t’oublier. Tous ces soirs. Juste pour passer mon envie sur quelque chose d’autre. Ouais. Je suis un connard. Mais je suis riche. Je suis célèbre. Alors c’est si simple. Je rends ces dames heureuses. Je donne des rumeurs, des potins. Et je t’oublie quelques heures. Ou bien j’imagine que c’est toi. Mais c’est encore plus douloureux. Comme si j’aurais pu te toucher comme je l’ai fais, sans t’aimer. Je croyais que je m’étais trahi. Que mes caresses avaient trop douces, trop tendres, pour n’être que… Un simple contact. Je croyais que tu l’avais compris quand je t’ai embrassé de moi-même. Je croyais que t’avais tout compris. Mais t’es aussi con que ce dont j’avais envie de te faire voir.
C’est moi qui ne suis pas assez bien. J’étais sûrement plus fade encore, que ces autres types. Peut-être que c’est parce qu’ils t’ont laissés les uns après les autres – de ma faute – que tu te tournes vers moi. J’étais juste… Ca. Mes baisers ne voulaient rien dire… Parce que tu l’as ressenti comme ça. Pourtant c’était nouveau pour moi. Je ne m’étais jamais senti aussi bien de toute ma vie. Et aussi mal aussi. C’est moi qui suis con. Trop lâche. Trop faible. J’aurais pu te résister. J’aurais dû. Encore une fois. Je n’aurais pas dû briser ma promesse. J’aurais fais ce qu’il fallait. Encore. Jusqu’à ce que tu trouves quelqu’un d’autre. Jusqu’à ce que je prenne conscience que je devais arrêter de te faire du mal. Arrêter de t’empêcher de partir. De t’éloigner de moi. De nous. Du groupe. Il ne sera pas éternité. Ni toi. Ni eux. Juste moi. Comme mon amour. Comme ce vide permanent en moi.

Non, je détestais ce sourire. Et tu te servais de ma seule arme, contre moi-même. Cette arrogance. Cette provocation. Mes lèvres se pincèrent légèrement. Peut-être bien, qu’un voile de peur, de douleur passa dans mon regard. Peut-être que c’était juste de lassitude après tout. Interprète ce que tu vois, comme bon te semblera.
    « Comme si je pouvais t'en vouloir de ne pas ressentir plus. Je me serais fait une raison, point. Alors que là...
    ...t'es juste une enflure en fait. »
Une enflure. C’est ça. C’était sûrement le mot idéal, mais je suis sûr que bien d’autres te sont venu à l’esprit avant d’échapper celui-là. Tu me mens tout le temps. Tu ne me parles pas. Je connais ton passé, parce qu’il a coulé de tes lèvres, pendant ces soirées où tu buvais trop. Où tu le vivais mal. Tu me parles. De tout, et surtout de rien. Mais j’ai plein de souvenirs de vous. De toi. Surtout de toi. Et puis cette nuit-là qui fini toujours par revenir dans mon crâne. Une enflure. Un connard. Mais je ne t’ai jamais donné l’illusion d’être mieux. Tu me côtois tous les jours. Tu m’as vu avec mes coups d’un soir, tu m’as vu pendant ces relations, auxquelles je ne m’impliquais pas. Juste pour que l’on me foute la paix quelques temps. Juste pour avoir une personne dans mon lit, pendant plusieurs soirs. Tu m’as jeté ces femmes, sous ton nez. Tu m’as vu les faire partir les unes après les autres, en les laissant m’insulter, avec juste ce sourire aux lèvres. Je ne t’ai rien caché. Tu le sais. T’en riais, tu soulignais mon sérieux problème relationnel. Social. Je n’étais pas social. Ironique pour un chanteur célèbre, non ? Pas social, et incapable de m’engager en long terme. Tu ne m’as jamais vu énervé. Mais tu m’as vu froid. Ce mur que glace que vous n’aimez pas. Ce mur silencieux, qui ne faisaient qu’hausser les épaules, et s’éloigner un peu plus, juste quelques jours. Juste le temps de tourner la page. Ou bien de la ré-écrire.

J’aimerais, moi aussi, de ne rien ressentir. Ou surtout, de ne pas ressentir plus. De ne pas faire vivre en moi cette envie… Non, ce besoin vital, que de te pas voir bien. Te protéger. Te faire sourire. Toujours en t’éloignant, de ce fameux cœur de pierre. Il suffit que tu le frôles pour que je craque. Je suis faible, oui c’est vrai, et pourtant je pourrais te briser sous un excès de colère. Une simple envie. Je pourrais te détruire, te faire disparaitre de cette Terre. Je pourrais me libérer de l’emprise que tu me fais subir. Je ne me suis jamais senti aussi dépendant de quelqu’un…
    « Tu mettras ça sur le compte du buvard, hm ? »
Le buvard. Et puis le fait que tu n’as pas de couilles aussi. Mais non, je n’en sais rien. Je me souviendrais de tout. De la moindre de tes paroles, de tes gestes. De ton odeur aussi, et puis cette air sur ton visage. Tes éclats de voix. Et puis ce mouvement aussi, auquel je ne m’attendais pas. Sous le coup, j’eus l’impression que tu allais me gifler : et même si c’était le cas, je n’ai pas bougé.
Un frisson électrique me prit tout entier. Juste ce baiser. Après toutes ces paroles. T’étais triste. Désespéré. Enervé. Tu m’en voulais. Instinctivement ce fut ma main qui se posa contre ton ventre. Je n’osais pas t’enlacer de nouveau, mais mon regard ne lâchais pas le tiens.
    « Oui voilà, tu m’énerve. »
Un faible sourire, triste, se glissa sur mes lèvres à ces dernières paroles. Et puis j’inspirais faiblement de nouveau. C’est toi qui m’énervais, qui me rendait dingue. Tu me donnais tellement envie de briser tout, juste pour te rejoindre. Mais non. Non, je ne peux pas, je n’ai pas envie d’en avoir envie. Je n’ai pas envie d’avoir un simple bout de toi, et te partager avec les autres. Je préfère n’avoir rien du tout, que de te briser, t’enfermer dans cette tour d’ivoire que deviendra ta folie mêlée la haine dévorante que tu me voueras. Jour après jour. Tu es humain. Tu vis pour ressentir. Tu vis pour tomber et te relever.

Et même si ce soir, tu crois ta chute interminable.
Tu vivras toujours pire que ça.
Et moi je serais derrière, dans l’ombre s’il le faut.
Je serais là pour veiller à ce que tu te relèves.
Veiller à ce que tu y crois de nouveau.

Je n’ai envie de rien répondre. J’ai juste envie de glisser ma main contre ta nuque et t’embrasser. Je ne saurais jamais te dire tout ce que je ressens. Et puis j’aurais tellement peur que cela t’effraies, même si je sais… Que tout t’échapperas. Alors peut-être que dans ma tête, mon imagination suprême, dans mes rêves les plus fous, mon baiser serait celui du Prince Charmant. Je te réveillerais. J’éveillerais tout ça. Tu comprendrais enfin que je t’aimais, que je t’aime, et t’aimerais bien plus encore que tu ne peux songer à imaginer. Mais tu ne comprendrais jamais mes raisons. Jamais. Sauf si je t’expliquais. Sauf si je te montrais. Mais je serais un monstre. Juste un monstre. Tu ne te souviendrais de plus rien que de ce monstre. Je sais que cela serait tellement plus simple, pour que tu abandonnes cette idée… Mais j’ai tellement peur. Tellement peu envie de voir la peur, et le dégoût dans ton regard. Je n’ai pas envie que tu me regardes ainsi. Pas envie de me sentir comme ça. Pas envie de tout te confier entre tes mains. Parce que non, je n’ai pas confiance en tes sentiments. Les humains sont frivoles. Les humains sont friables. Ils s’adaptent. Ils évoluent. Ils tombent. Ils se relèvent. Plus fort qu’ils ne l’étaient, tout en dissimulant leurs peines et leurs blessures. Je n’ai jamais appris à tomber. Je n’ai pas envie de tomber. Parce que je sais que je ne me relèverais pas. Les vampires ne sont pas comme les humains. J’ai déjà eût ma chute. J’ai déjà eût ma chance. Je sais que je n’en aurais pas une seconde. Alors je me rapproche du sol. Peut-être que cette seconde chute sera moins douloureuse. Peut-être. Ce ne sont que des sombres élucubrations.

Tu m’en voudras encore, n’est-ce pas, si je craque de nouveau.
Alors ferme-les yeux.
Et laisses-toi tomber dans le rêve, dans la folie de ton buvard.

Je finis par m’approcher de nouveau de toi, ma main se posa contre ta gorge, mon pouce contre ta joue, ta mâchoire que je redessinais un court instant. Mon corps rejoints le tiens. Naturellement. Et puis mes lèvres, les tiennes. Mes lèvres si glacées contre les tiennes. Est-ce que tu n’as jamais eût conscience que tu m’insufflais la vie ? Tu étais cette lumière. Cette flamme dansante dans le chaos et la nuit, qui m’a happé. Tu étais cette chaleur, et cet espoir, qui a fait que j’ai continué encore. Juste un peu. Alors ouais. Je venais t’embrasser. Pas juste tes lèvres ! Mais ton âme tout entière. Je frémissais contre le contact si chaud de tes lèvres, ta langue. Et pourtant c’était doux. Désespéré. Douloureux. Je ne sais plus si c’était tes larmes ou les miennes que je sentais. Mais je ne saurais dire combien de temps dura ce baiser. Toute la vie peut-être. Alors que mes doigts s’étaient serrés contre les tiens. Est-ce que tu pourrais comprendre ? Juste comme ça ? … Aidan, tu es cette personne qui me fait rêver, qui me donne la force d’espérer de meilleurs jours. Qui me donne l’envie de faire des projets, de me voir dans un futur plus ou moins proches. Avec vous. Parce que je n’ai plus que vous, parce que vous êtes tout. Vous n’êtes pas que de simples notes sur la partition de ma vie, non. Vous êtes toutes ces partitions. Et toi, tu es le rythme. Le souffle. Les règles. Tu es tout.
Alors pourquoi ? … Pourquoi est-ce que je resterais ? Pourquoi est-ce que je te donnerais ce que tu désires, là, maintenant, tout de suite ; alors que je sais pertinemment que tu en souffriras ? L’homme est passion. L’homme est désir. Tu souffriras de ta frustration. Et puis tu passeras à autre chose. A un autre désir. A un autre caprice de ton âme.

C’était juste un baiser après tout.
Juste un baiser.
Ce n’était rien n’est-ce pas ?

Je me redressais à peine. Juste pour glisser mes lèvres à ton oreille. Juste pour souffler quelques mots….
    « J’espère que tu as conscience Aidan… Que tu ne me laisses qu’une possibilité. Juste une seule… »
Celle que tu ne veux pas évidemment.
Je me reculais légèrement, et je vins essuyer tes larmes tendrement. Doucement. J’avais tellement envie de te faire rire. Rire ! Encore et encore. Juste te rendre heureux, au lieu de te faire mal ainsi. J’avais envie d’être ce magicien qui te ferrais sourire, et te sentir bien. Qui te ferrais parler, parce que ouais. Tout va bien.
    « Alors oui. Peut-être que je préfère les femmes. Peut-être que je suis une enflure. Peut-être même que je t’aime bien plus que tu ne peux l’imaginer… »
Tu vas me détester.
Toute ta vie.
Crois-moi, cette idée me terrorise.
Me paralyse tout entier.
Elle me fait mal, surtout.
    « Juste assez pour avoir la force de te dire non. Non Aidan, t’es bien mignon, mais non. Juste non. »
Et tu vas arrêter de m’écouter, n’est-ce pas ?
Tout ce que je pourrais te dire ensuite, tu vas l’ignorer ?
Je pourrais te dire que je t’aime, je pourrais te dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, et tu n’entendrais rien n’est-ce pas ?
    « J’ai des raisons de ne pas vouloir. Crois-moi. Elles ne regardent que moi. J’ai fais des choix dans ma vie, je dois les respecter. Et cela n’a rien à voir avec toi… »
Tu étais si proche, et si loin.
Je sentais tout s’écrouler.
Tout.
Absolument tout.
Tu allais me frapper. Pleurer ?
Hurler ? Je n’en sais rien.
Mais je sais, que la moindre de tes paroles, le moindre de tes gestes, restera à jamais graver dans ma chair. Mon être. Cette âme que j’ai perdu il y a si longtemps.
    « Alors… Si cela peut te soulager. On arrête tout. Le groupe, tout. Et je partirais. Je vous laisserais tranquille, je… »
Resterais derrière toi, pour te protéger.
Pour veiller à ce que tu ne fasses pas de conneries regrettables aussi.
Tu tourneras la page, c’est tout.

J’ai toujours dis que je crèverais à 27 ans.
Pour rentrer dans la légende.
Peut-être d’une maladie du cœur.

Alors pourquoi est-ce que mes larmes ont un goût de sang ?
Pourquoi est-ce que je sens ces traîtresses glisser sur mes joues.
Je me détournais, juste pour les essuyer, pour que tu ne les vois pas.
Pour que je reste Le Monstre jusqu’au bout.
    « Mais, je te laisse l’annoncer aux autres. »
Juste ce Monstre qui s’éloigne.
Qui ne dis plus rien.
Et puis qui disparaît dans la nuit.

Tu sais, c’est comme notre album.
C’est juste
GAME OVER.
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Hallow the Damon. Open hell's gates. {Kerran ♥

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